Montmailler Stephane
artiste plasticien

Une série d’illustrations de textes et de poemes de Kateb Yacine. Un projet proposé dans le cadre de la QUINZAINE KATEB YACINE initiée par Sabrina Lorre en septembre 2016 a Saint Etienne.

Chaque piece est un panneau gravé et peint de dimensions 1m20 par 65cmetres

Cette série accompagne aussi le spectacle « le cadavre encerclé » de Kateb Yacine par la compagnie lyonnaise « les montures du temps »

"Vous les pauvres" tiré du recueil "soliloques"

Vous, les pauvres,
Dites-moi
Si la vie
N'est pas une *****!

Ah! Dire que
Vous êtes les indispensables!...

Ouvriers, gens modestes
Pourquoi les gros
Vous étouffent-ils en leur graisse
Malsaine de profiteurs?

Ouvriers,

Les premiers à la tâche,
Les premiers au combat,
Les premiers au sacrifice,
Et les premiers dans la détresse...

Ouvriers,

Mes frères au front songeur,
Je voudrais tant
Mettre un juste laurier,

A vos gloires posthumes
De sacrifiés.
- La grosse machine humaine
A beuglé sur leurs têtes,
Et vente à leurs oreilles
Le soupir gémissant des perclus !...

Au foyer ingrat
D’une infernale société,
Vous rentrez exténués,
Sans un réconfort

Pour vos cœurs de « bétail pensif »…
Et vos bras,
Vos bras sains et lourds de sueur,
Vos bras portent le calvaire
De vos existences de renoncement !

kateb yacin

Vous, les pauvres,
Dites-moi
Si la vie
N’est pas une GARCE!

Ah! Dire que
Vous êtes les indispensables!…

Ouvriers, gens modestes
Pourquoi les gros
Vous étouffent-ils en leur graisse
Malsaine de profiteurs?

Ouvriers,

Les premiers à la tâche,
Les premiers au combat,
Les premiers au sacrifice,
Et les premiers dans la détresse…

Ouvriers,

Mes frères au front songeur,
Je voudrais tant
Mettre un juste laurier,

A vos gloires posthumes
De sacrifiés.
– La grosse machine humaine
A beuglé sur leurs têtes,
Et vente à leurs oreilles
Le soupir gémissant des perclus !…

Au foyer ingrat
D’une infernale société,
Vous rentrez exténués,
Sans un réconfort

Pour vos cœurs de « bétail pensif »…
Et vos bras,
Vos bras sains et lourds de sueur,
Vos bras portent le calvaire
De vos existences de renoncement !

kateb yacin

LA GUEULE DU LOUP, 17 OCTOBRE 1961,

Peuple français, tu as tout vu
Oui, tout vu de tes propres yeux.
Tu as vu notre sang couler
Tu as vu la police
Assommer les manifestants
Et les jeter dans la Seine.
La Seine rougissante
N’a pas cessé les jours suivants
De vomir à la face
Du peuple de la Commune
Ces corps martyrisés
Qui rappelaient aux Parisiens
Leurs propres révolutions
Leur propre résistance.
Peuple français, tu as tout vu,
Oui, tout vu de tes propres yeux,
Et maintenant vas-tu parler ?
Et maintenant vas-tu te taire ?

POUR NOVEMBRE tire de SOLLILOQUES

et pour rien...

Il est des jeunes bras
Qui sont morts
Tendus vers une mère…

Oh ! Les poitrines fortes,

Les poitrines sanglantes
De ceux qui ont battu le fer,
Pour être vaincus par l’argent !…

Et ces morts qui ont battu pour d’autres…

Et ceux qui sont partis en chantant
Pour dormir dans la boue anonyme de l’oubli.
Et ceux qui meurent toujours
Dans la gaucherie des godillots
Et des habits trop grands
Pour des enfants !

Aux soirs tristes

De mortes minutes,
Il est un gars qui tombe
Et sa mère qui meurt pour lui,
De toute la force de son vieux cœur…

Il est des voitures qui geignent

Et aussi des petits héros qui crient
Leur désespoir de pourrir à l’aurore…

Mais les morts les plus à plaindre,

Ceux que mon cœur veut consoler,
Ce sont les pauvres d’un pays de soleil,
Ce sont les champions d’une cause étrangère,
Ceux qui sont morts pour les autres,

ET POUR RIEN !

BONJOUR MA VIE

Bonjour ma vie

Bonjour ma vie
Et vous mes désespoirs.
Me revoici aux fossés
Où naquit ma misère !
Toi mon vieux guignon,
Je te rapporte un peu de cœur

Bonjour, bonjour à tous
Bonjour mes vieux copains ;
Je vous reviens avec ma gueule
De paladin solitaire,
Et je sais que ce soir
Monteront des chants infernaux…
Voici le coin de boue
Où dormait mon front fier,
Aux hurlements des vents,
Par les cris de Décembre ;
Voici ma vie à moi,
Rassemblée en poussière…

Bonjour, toutes mes choses,
J’ai suivi l’oiseau des tropiques
Aux randonnées sublimes
Et me voici sanglant
Avec des meurtrissures
Dans mon cœur en rictus !…

Bonjour mes horizons lourds,
Mes vieilles vaches de chimères :
Ainsi fleurit l’espoir
Et mon jardin pourri !
– Ridicule tortue,
J’ai ouvert le bec
Pour tomber sur des ronces

Bonjour mes poèmes sans raison…

KATEB Yacine -Extrait de Eclats et poèmes

KATEB YACINE un poete comme un boxeur

Dans la lutte des classe

on ne choisit pas son arme

le théàtre est la notre

KATEB YACINE

DIHYA la Kahina des Aures piece de theatre

extrait:

DIHYA (aux paysans) :
Les Arabes m’appellent Kahina, la sorcière.
Ils savent que je vous parle, et que vous m’écoutez

Ils s’étonnent de vous voir diriges par une femme.
C’est qu’ils sont des marchands d’esclaves.
Ils voilent leurs femmes pour mieux les vendre.
Pour eux, la plus belle fille n’est qu’une marchandise.
Il ne faut surtout pas qu’on la vole de trop près.
Ils l’enveloppent, la dissimulent comme un trésor volé.
II ne faut surtout pas qu’elle parle, qu’on l’écoute.
Une femme libre les scandalise, pour eux je suis le diable.
Ils ne peuvent pas comprendre, aveugles par leur religion.

PREMIER CAVALIER :
Pour la dernière fois,
Ecoute, ô Kahina, reine des berbères…

DIHYA (aux paysans) :
Ils m’appellent Kahina, ils nous appellent berbères,
Comme les Romains appelaient barbares nos ancêtres.
Barbares, berbères, c’est le même mot, toujours le même
Comme tous les envahisseurs, ils appellent barbares
Les peuples qu’ils oppriment, tout en prétendant les civiliser
Ils nous appellent barbares, pendant qu’ils pillent notre pays.

partir... extrait de solliloques

partir

Oh partir…

NEDJMA roman

Nedjma

Nedjma est jeune et belle. Elle est née de père inconnu et d’une mère considérée comme une étrangère. Courtisée par tous, fruit de l’adultère et du crime, elle bouillonne d’une révolte superbe et tragique, à l’image même d’une Algérie à la fois jeune et âgée, musulmane et païenne, savante et sauvage…